Louis XIII impose son étiquette. C’est le cognac des rois, le roi des cognacs. Comptez 4 000 euros la carafe en cristal de Baccarat, col rehaussé d’or fin et bouchon fleur de lys. L’élixir a fait la réputation de Rémy Martin. Nec plus ultra de la gamme maison, il fut notamment servi au roi George VI en 1938 à Versailles, à la reine Elizabeth II en 1957 au Louvre, et à John Fitzgerald Kennedy en 1961 à l’Élysée.

Photo Louis XIII / Rémy Martin
Depuis sa création à la fin du XIXe siècle, la marque Louis XIII a scellé bien des alliances, diplomatiques et gustatives. Elle célèbre aujourd’hui une nouvelle union, au firmament du luxe et des savoir-faire : le mariage du négoce à Cognac et de la porcelaine à Limoges. Le mercredi 24 septembre 2025, Louis XIII s’est lancé dans les arts de la table, dévoilant deux collections à son nom. Chacune comporte une grande assiette plate, une assiette creuse, une assiette à dessert, un bol, un service à thé et un service à café.

Photo Louis XIII / Rémy Martin
Entre 440 et 700 € l’unité
Les pièces sont vendues entre 440 et 700 euros l’unité. Elles ont été façonnées par un porcelainier au savoir-faire d’exception, J.L Coquet, à Saint-Léonard-de-Noblat (Haute-Vienne), près de Limoges. La manufacture, bicentenaire, est réputée pour la délicatesse de sa porcelaine – blanche et presque translucide –, l’éclat de ses émaux et la précision de ses décors.
« Chaque assiette, chaque bol, chaque tasse n’a été fabriquée qu’à 750 exemplaires numérotés. Il s’agit d’un clin d’œil à la contenance des tierçons de Louis XIII, ces fûts de chêne centenaires où le temps sublime les meilleures eaux-de-vie de Cognac », indique Anne-Laure Pressat, la directrice exécutive de la marque, qui a la lourde responsabilité de superviser la première extension de gamme.

Photo Louis XIII / Rémy Martin

Photo Louis XIII / Rémy Martin

Photo Louis XIII / Rémy Martin
Rien d’extravagant dans le choix des arts de la table : cognac et porcelaine partagent une longue histoire commune. Relisez Jacques Chardonne et « Les Destinées sentimentales », subtile peinture d’une société provinciale dont les héros sont négociants charentais et porcelainiers limougeauds. Ces grands bourgeois se connaissaient et s’appréciaient.
« En 1846, une fille Bisquit à Jarnac, Ermance, épousa Adrien Dubouché. Dubouché était une figure locale : baron d’Empire, négociant et mécène, collectionneur d’art et homme politique. Le musée de Limoges – qui raconte l’épopée de la porcelaine – porte d’ailleurs son nom ; une marque de cognac aussi », rapporte Catherine Wachs-Genest, la conservatrice des musées de Cognac…

Photo Louis XIII / Rémy Martin

Photo Louis XIII / Rémy Martin
Le kitsch des années 70
L’arrivée de Louis XIII dans les arts de la table rappelle aussi la mode des flacons de cognac en porcelaine, qui culmina dans les années 1970 et 1980 puis devint marginale, presque désuète. La production, pourtant, fut massive. À cette époque, les manufactures de Limoges réalisaient près de 10 % de leur chiffre d’affaires avec les maisons de cognac ! Celle qui lança le phénomène fut Camus, en 1969, lors du bicentenaire de la naissance de Napoléon Bonaparte.
Michel Camus connaissait bien l’Asie et le goût des Asiatiques, amoureux de « l’art de vivre à la française ». Le négociant eut l’idée géniale d’embouteiller son cognac Napoléon dans une flasque de porcelaine en forme de livre, pratique à installer sur les rayons des boutiques détaxées des aéroports et facile à glisser dans un bagage à main. Le succès fut immédiat.

Photo Musées de Cognac

Photo Camus La Grande Marque
Presque tous les négociants imitèrent Camus et c’est ainsi que l’on vit des flottilles de drakkars Larsen en porcelaine à l’assaut des marchés internationaux. Bien d’autres carafes aux motifs incongrus, en forme d’animaux et de monuments, furent produites en masse. En 2019 et 2020 à Cognac, d’étonnantes expositions au musée des Arts du cognac montraient ces bibelots un peu kitsch, au goût daté.

Photo Flavien Lacarde / Archives « Sud Ouest »

Photo Musées de Cognac
La mode relancée en 2022
Définitivement « has been », le flacon de cognac en porcelaine ? Non ! En février 2022, la mode était relancée par la maison Hennessy, la manufacture Bernardaud à Limoges et le peintre Zhang Enli à Shanghai. 555 carafes Hennessy Paradis, d’un blanc immaculé relevé de décors bleu, jaune, rouge et or, étaient vendues 8 800 euros pièce, à l’occasion du Nouvel An chinois. Deux autres séries limitées similaires – toujours en partenariat avec Bernardaud et des artistes asiatiques, Yan Pei-Ming et Yang Yongliang – étaient commercialisées en 2023 et en 2024.

Photo Jas Hennessy & Co

Photo Jas Hennessy & Co

Photo Jas Hennessy & Co

Photo Hine
Hasard du calendrier ou signe des temps, un autre grand nom du cognac, Hine, signe une nouvelle collaboration avec Bernardaud. Le mercredi 17 septembre 2025, le plus britannique des négociants de Jarnac a présenté un millésime 1975 dans une carafe en porcelaine à trois faces ornée d’un bouchon Art déco (ci-dessus). Le beau flacon a été décoré par l’illustratrice Manon Briquet de Valon. Le décor, foisonnant, évoque l’insouciance des seventies dans un camaïeu orange et fauve. Seuls 450 exemplaires sont disponibles, au prix unitaire de 3 500 euros.
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