Droits de douane : pour les entreprises du luxe et de la mode, « l’enjeu sera de voir qui va absorber ces nouveaux coûts

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Samedi 12 juillet, l’annonce par Donald Trump d’une potentielle hausse des droits de douane à 30 % pour les produits européens importés aux Etats-Unis a eu un retentissement tout particulier dans les secteurs qui exportent beaucoup outre-Atlantique. Parmi eux, l’industrie du luxe et de la mode, dont les Etats-Unis représentent le premier débouché, hors Europe. Pour décrypter l’état d’esprit actuel dans ces milieux économiques, et les conséquences potentielles, Challenges donne la parole à Pierre-François Le Louët, président de NellyRodi, une agence de conseil experte en prospective dans le secteur des industries créatives. Il est également co-président de l’Union Française des Industries Mode-Habillement.

Pierre-François Le Louët. Notre position c’est évidemment qu’il faut un accord et nous faisons confiance à la Commission européenne pour pouvoir négocier le meilleur qui soit. L’annonce de 30 % de droits de douane au 1er août, ce n’est évidemment pas une bonne nouvelle, mais cela veut aussi dire que jusqu’au 1er août, la Commission européenne a le temps de négocier avec l’administration américaine. D’autant que l’Union européenne représente un marché pour les Etats-Unis et réciproquement. Si la Grande-Bretagne a réussi à avoir un accord à peu près correct, je vois mal comment les 27 Etats membres arriveraient à un texte moins intéressant !

Le deuxième point, c’est que dès que nous aurons une situation stabilisée, il va falloir réagir. Pour une entreprise, absorber de tels droits de douane, c’est évidemment colossal. Les consommateurs américains n’ont pas envie de se séparer de produits européens, les entreprises françaises n’ont pas non plus envie de faire une croix sur le marché américain. Donc l’enjeu, une fois que l’accord sera trouvé, sera de voir qui va absorber ces nouveaux coûts. Et de trouver le bon équilibre entre le client américain, l’entreprise française et sa marge, et l’Etat.

L’enjeu, c’est qu’il n’ait pas à trouver 10 milliards de plus à cause d’une baisse d’activité et une baisse de recettes fiscales considérables derrière ! Le consommateur américain devra payer un peu plus cher et sera la première victime de cette situation, c’est triste. Les entreprises aussi vont faire un effort sur leurs marges. Mais s’il n’y a pas un accord correct qui se noue entre les Etats-Unis et l’Europe, les entreprises vont également avoir besoin du soutien de l’administration française. Sinon, cela voudrait dire se retirer de ce marché avec des conséquences fiscales importantes.

Le deuxième enjeu, c’est que les droits de douane étant liés au pays d’origine du vêtement, une fois l’accord stabilisé, il va probablement y avoir au sein des entreprises une réflexion importante sur l’évolution du sourcing. En fonction des droits de douane imposés sur chaque pays, peut-être que de nouvelles priorités de fabrication vont se mettre en place pour servir le marché américain. Et que certains acteurs de la mode et du luxe vont déménager les usines situées dans certains pays fortement taxés vers d’autres davantage épargnés. Ou en tout cas, certaines étapes de fabrication.

Il est faible. Parce que les marques ont déjà beaucoup augmenté leurs prix ces dernières années, profitant d’une forte demande.

Elles sont inquiètes mais combatives. Elles savent qu’elles ont des beaux produits, des marques désirables, que le marché américain est un marché sur lequel elles ont établi des relations depuis longtemps. L’histoire d’amour entre la mode française et les Etats-Unis date de l’après-guerre. A l’époque, les maisons françaises avaient développé un système de licence aux Etats-Unis : elles vendaient des patrons et la fabrication était faite aux Etats-Unis pour le marché américain. Les relations avec les grands magasins américains sont aussi extrêmement anciennes.

Non, car l’évolution des comportements d’achats en Chine est très différente de celle aux Etats-Unis. Il y a toujours un amour très fort des Américains pour les marques françaises, dont certaines ont développé un réseau formidable aux Etats-Unis, et pas uniquement des marques de luxe : Sandro, Maje, Ba & sh…

Non. Les Etats-Unis sont le premier marché à l’export pour la mode française après l’UE, avec une influence très forte sur d’autres marchés internationaux et le pouvoir d’achat y est toujours très élevé.

Cette chronique se veut produite de la façon la plus authentique que possible. Dans la mesure où vous décidez d’apporter des précisions concernant le sujet « Luxe » il est possible de d’échanger avec notre équipe. Le site plaisir-secret.fr a pour finalité de publier diverses publications autour du sujet Luxe communiquées sur la toile. Pour vous faciliter la tâche, plaisir-secret.fr vous produit cet article qui aborde le thème « Luxe ». Consultez notre site plaisir-secret.fr et nos réseaux sociaux dans l’optique d’être informé des prochaines parutions.

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