Un chantier aux caractéristiques hors norme
Les aménagements pour repenser ce vieux bâtiment en secteur protégé ont été d’une rare complexité depuis sa mise à disposition par la Ville. « C’est grand, il fallait du parking, la situation géographique est complexe », énumère Étienne Boulet, l’un des architectes du cabinet Kib Architecture. Symbole de la complexité : une grue a dû installer une autre grue depuis la petite rue des Tanneries.

Renaud Joubert
Le travail d’orfèvre a surtout dû se faire au niveau du stationnement. Neuf places ont été créées. « C’était le plus grand défi », concède l’architecte. C’est aussi de là que les surcoûts sont nés. « Entre 500 000 et 600 000€ », explique Elodie Amblard, directrice générale de Noalis. Un mur de soutènement du rempart a été démonté. Il a fallu couler un plancher en béton, puis végétaliser à nouveau pour conserver le jardin. Au total, les locataires disposent de 900 m² d’espaces verts. Une partie du rempart a été reconstruite.
Du logement social à 1000€
Le bâtiment a connu plusieurs histoires. « On ne peut pas le dater réellement mais c’était une rue importante au Moyen Âge et probablement que les fondations datent de cette époque », précise le directeur des archives municipales, Florent Gaillard. Au XIXe et début XXe, l’immeuble accueillait une congrégation religieuse enseignante. L’église Saint-Ausone, voisine de la parcelle, en témoigne.
Les 14 appartements vont du studio de 25 m² au T5 de 100 m². Les prix, moins élevés que dans le privé, peuvent surprendre : 164€ le T1 et 400€ le T3, hors charges. Lucie Gruau débourse près de 1000€, charges et stationnement compris. Les APL lui permettent de faire baisser la facture de 200€.

Renaud Joubert
Le coût total du chantier s’élève à 3,26 millions d’euros, financés par de nombreuses subventions permises par le programme Action cœur de Ville. Action logement a apporté 715 000€, l’État 239 000€, GrandAngoulême et le Département plus de 100 000€, tandis que la Banque des Territoires prête 682 000€. Noalis a tout de même dû investir un tiers de la somme totale, là où il met 15 % habituellement.
« Redynamiser le centre-ville, ça passe par des logements sociaux. »
Mosaïque haut de gamme, pierre de Charente, double vitrage performant, Noalis a misé sur la qualité. « Il vaut mieux que ce soit un peu plus cher aujourd’hui et que ça dure dans le temps », se satisfait le président de la Fédération française du bâtiment en Charente, Philippe François. La majorité des artisans sollicités sont charentais.
Rénover, plus cher, plus écolo
14 appartements valaient-ils un tel investissement alors que 2 300 personnes attendent un logement social à Angoulême ? « Ces appartements permettent à des travailleurs du centre-ville d’avoir un logement social à proximité. On a aussi besoin de ces logements », justifie Élodie Amblard. « On doit moins artificialiser, moins construire. Ça passe par de la rénovation. »

Renaud Joubert
Jean-Baptiste Dolci, le président d’Action logement, complète : « Redynamiser le centre-ville, ça passe aussi par des logements sociaux. Cela apporte une mixité qui est nécessaire. » Construire un logement social coûte en moyenne entre 150 000 et 200 000€. À Saint-Ausone, le coût est de 230 000€. « C’est un chantier exceptionnel », prévient Elodie Amblard. « Dans l’avenir, on va devoir en faire de plus en plus. » Pas forcément à ce prix-là.
Cette chronique se veut produite de la façon la plus authentique que possible. Dans la mesure où vous décidez d’apporter des précisions concernant le sujet « Luxe » il est possible de d’échanger avec notre équipe. Le site plaisir-secret.fr a pour finalité de publier diverses publications autour du sujet Luxe communiquées sur la toile. Pour vous faciliter la tâche, plaisir-secret.fr vous produit cet article qui aborde le thème « Luxe ». Consultez notre site plaisir-secret.fr et nos réseaux sociaux dans l’optique d’être informé des prochaines parutions.
