Plus de 200 artistes du monde entier, 130 stands, et quelques grandes marques de luxe comme Audi, le maroquinier Pinel & Pinel, ou les blousons en cuir Steve McQueen de Classic Legend Motors. Le 20e Sm’art, le salon de l’art contemporain d’Aix, a repris ses quartiers au parc Jourdan ce mercredi 29 avril 2026 et jusqu’au dimanche 3 mai, dans sa nouvelle formule « Sm’art life », liant art et métiers du luxe.

« Sous notre impulsion, le Sm’art est devenu une fusion entre ces deux univers qui ont des ADN communs et se boostent mutuellement, introduit Bernard Hennet, le nouveau propriétaire et directeur aixois du salon, membre de la famille de Pierre Bergé et actif depuis toujours dans les mondes de l’art et du luxe. On veut donner au salon une stature internationale en faisant venir plus d’artistes et galeries internationales. Et j’ai très envie de le développer aussi à Dubaï, Genève, Barcelone, et peut-être Miami. » Quatre à cinq mille personnes étaient attendues ce mercredi soir au vernissage, dont des grandes fortunes, et Bernard Hennet espère « dépasser les 30 000 » visiteurs sur les quatre jours.
De 150€ à 600 000€
Si cette volonté de haut standing peut impressionner – certaines œuvres exposées comme celles de Bernard Buffet peuvent monter à 200 000 €, voire jusqu’à 600 000 € -, le salon se veut « accessible » et on trouve en pratique des tableaux à moins de 1000 € et des petits formats dès 150 €.

Sculptures de bois ou de fer, photographies réalistes ou à l’aide d’intelligence artificielle, toiles flashy façon pop art, Rubik’s cubes géants, portraits tendres ou glamours, figuration narrative ou abstraction géométrique… : une très grande variété de techniques et thématiques sont exposées.
Dès l’entrée, Roberto Ziranu, ferronnier en Sardaigne depuis cinq générations, déploie ses sculptures de fer bleutées travaillées au chalumeau et propose des démonstrations en direct de son art. L’univers du sculpteur, créateur du trophée de l’America’s cup, prestigieuse compétition nautique, évoque les voiles élancées des navires, les mouettes, les queues de baleine… : « J’ai modernisé la technique de mes ancêtres, sourit l’artiste. Toutes les couleurs sont créées au chalumeau en jouant sur les différences de température en variant la distance et l’intensité de la flamme et l’hygrométrie.«
Plus loin dans l’allée, une Bentley repeinte par Inca Pagny, fils de Florent Pagny et Dimitri Gendre, capte l’œil avec son esthétique hippie. Un grand chapiteau accueille les artistes indépendants dans ce premier espace.

En remontant les grands escaliers du parc Jourdan, on tombe sur une grande œuvre participative proposée par l’artiste Jenfi et son studio Inspire co-créé avec le réalisateur Guillaume Arnault, en cours de montage : « On déploie une grande toile de fils avec plus de 20 000 noeuds, qu’on recouvre de morceaux de couvertures de survie, dont on veut faire quelque chose de luxueux, et l’on va inviter les visiteurs à y agrafer eux-mêmes des papillons en origami, détaille Jenfi. Au centre de la structure, on les invite à recouvrir ce cube avec des collages. L’œuvre sera ensuite démantelée et chacun pourra en acquérir un fragment. »
« Mêler danger et douceur »
Plus haut, on peut contempler une sculpture effilée de voiture, une « Shooting star » rarissime signée Antoine Dufilho, ainsi qu’un chapiteau dédié aux galeries. On y retrouve notamment les images bluffantes réalisée avec IA de Pierrick Mathon, qui a conçu l’affiche du Sm’art : « J’ai longtemps travaillé dans la publicité et j’ai toujours été frustré de ne pas pouvoir monter des images avec des animaux sauvages, indique l’artiste. J’utilise beaucoup d’outils numériques pour créer des rencontres complètement improbables entre des femmes et ces animaux, avec l’idée de mêler le danger avec une forme de douceur, d’innocence. » Ou encore les photos humanistes du street artiste Jean-Baptiste Pellerin, célèbre pour apposer depuis 2014 ses clichés pris dans le monde entier sous verre et avec un petit cadre en céramique dans les rues de Marseille, Paris, Londres, Bombay ou New York.
Un dernier espace est dédié aux métiers du luxe qui se sont associés avec des artistes, comme la pépinière aixoise Royal Palm qui propose des oliviers millénaires dans des jardins sur-mesure customisés par Issam, « l’artiste français le plus bankable aujourd’hui« . Le château de la Gaude dispose d’un espace sous chapiteau mêlant cave à vins et art moderne avec un crâne aux papillons de Philippe Pasqua et des toiles de grands noms de la figuration narrative comme Monory, Erró ou Di Rosa.

Le maroquinier Fred Pinel, dont les sacs sont portés par Meryl Streep dans le tout récent Le diable s’habille en Prada 2, expose quant à lui du très haut de gamme, des caves à cigares et valises customisées par Hom NGuyen, Cyril Kongo, Joris Ghilini ,ou Jean-Pierre De Freitas : « J’ai plein d’amis artistes et street artistes, même quand leur approche est disruptive, c’est fascinant de mêler l’approche de l’artiste et de l’artisan« , dit-il en montrant une boîte à crocodiles Haribo… qu’il faut attraper à l’aide d’un mini-sabre.
Deux performances ponctuent le salon chaque jour : ce jeudi soir, à 19h, l’artiste François Noël peindra en direct une Audi E-Tron GT qui sera ensuite mise aux enchères au profit de la Croix-Rouge.
Jusqu’au dimanche 3 mai, de 10h à 21h (sauf dimanche 18h), au parc Jourdan. www.salonsmart-aix.com
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