
Une guerre des hôtels de luxe qui s’achève enfin à Lège-Cap-Ferret (Gironde). Depuis plusieurs années, des riches investisseurs se déchirent dans une affaire d’urbanisme. Les propriétaires d’un hôtel-restaurant voisin de Pascal Bataille demandaient l’annulation du permis de construire, obtenu pour réaliser l’extension du Côté Sable. Le 24 octobre 2025, le Conseil d’État a donné son verdict.
Villa Colette vs. Côté Sable
Le restaurateur et homme d’affaires parisien Laurent Taïeb – connu notamment pour avoir installé son hôtel « Madame Rêve » sur le rooftop de La Poste du Louvre – le propriétaire d’hôtels de luxe Christophe San José et leur associé Arnauld Champeil avaient en effet acheté en avril 2018 la « Villa Colette », une ancienne « maison d’habitation » située au n°39 du boulevard de la Plage, à l’angle avec l’avenue des Mouettes, par le biais de leur société en nom collectif (SNC) du même nom.
Ils avaient obtenu un permis de démolir pour y construire un hôtel-restaurant juste à côté du « Côté Sable », qui est lui un « hôtel-spa » situé au n°37 du boulevard de la Plage et détenu par l’animateur et producteur télé Pascal Bataille. Pour rappel, ce dernier s’était fait connaître il y a vingt ans avec son associé Laurent Fontaine en présentant l’émission Y’a que la Vérité qui compte sur TF1 ; les deux hommes étaient également les producteurs de l’émission La Méthode Cauet de l’animateur Cauet.
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Or, Pascal Bataille avait obtenu dès juillet 2020 un permis de construire de la part du nouveau maire du Lège-Cap-Ferret, Philippe de Gonneville pour construire « une maison », une « annexe habitable » et « une piscine » au n°1 de la rue des Mouettes, au grand mécontentement de ses voisins de la SNC Villa Colette. Laurent Taïeb et ses associés avaient donc saisi le tribunal administratif de Bordeaux en janvier 2021 pour faire annuler ce permis de construire obtenu « par fraude ».
Mais les premiers juges ne s’étaient même pas penchés sur le fond du dossier : ils avaient estimé que la requête était juridiquement « tardive » puisqu’elle avait été introduite après l’expiration du délai légal de deux mois pour contester un permis de construire. Les trois associés de la SNC Villa Colette avaient alors fait appel.
Un panneau « repositionné de quelques centimètres »
« Le délai de recours court à compter du premier jour d’une période continue de deux mois d’affichage sur le terrain », dit précisément le code de l’urbanisme. Le permis de construire doit être « affiché sur le terrain, de manière visible de l’extérieur, par les soins de son bénéficiaire et pendant toute la durée du chantier ».
Or dans cette affaire « un huissier s’est rendu au 1 rue des Mouettes les 6 octobre, 10 novembre, 8 décembre 2020 et 11 janvier 2021 et a constaté l’affichage sur les lieux du permis de construire », fait observer à son tour la cour administrative d’appel de Bordeaux dans un arrêt en date du 2 octobre 2025 qui vient d’être rendu public.
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« Si le panneau, d’abord positionné sur la clôture, a été déplacé sur le battant de droite du portail puis encore repositionné de quelques centimètres, l’huissier a relevé, à l’occasion de ses quatre déplacements sur les lieux, que le panneau était parfaitement visible », soulignent les juges bordelais. « Ses mentions étaient également visibles depuis la voie publique. »
« Si la SNC Villa Colette soutient que le système d’attache par une simple ficelle facilite la pose et la dépose du panneau, elle ne produit aucun élément probant, tel qu’un constat ou des photographies, de nature à remettre en cause la continuité de l’affichage », répète la cour administrative d’appel de Bordeaux. « Si la SNC soutient également que le panneau est » courbé sur ses deux côtés «, il apparaît que sa visibilité par les tiers ne s’en est pas trouvée affectée. »
Dans ces conditions, le recours gracieux introduit le 13 janvier 2021 auprès du maire de Lège-Cap-Ferret, puis le recours contentieux engagé le 5 mai 2021 auprès du tribunal administratif de Bordeaux, étaient tous deux bien « tardifs ». « La circonstance, à la supposer établie, que le permis aurait été obtenu par fraude, n’a pu davantage avoir pour effet de proroger ce délai », soulignent les juges.
Ils ont donc débouté la SNC Villa Colette et l’ont condamnée à verser 1 500 euros de frais de justice à la société de Pascal Bataille et autant à la commune de Lège-Cap-Ferret pour leurs frais de justice respectifs dans cette affaire.
GF (PressPepper)
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